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Le péril jaune n’est pas un mythe !

 Peut-être parce que ça ne marche pas car ils oublient pas mal de choses.

 

Déjà ils ont oublié de prévoir le parachute doré indispensable pour le paradis des chômeurs qu’ils préparent.

Pourtant ils sont sûrs de leur fait et que la transition peut être immédiate et sans douleur.

Pas comme ces pauvres moujiks qui, eux aussi, il y a maintenant 100 ans, croyaient au paradis des travailleurs mais n’ayant pas la chance d’avoir Mélenchon et Plenel pour les guider avaient dû se contenter de Lénine et Trotski.

 

Alors pourquoi pas ? Et pourquoi pas tout maintenant ? De toutes façons il suffit de dire  ya qu’a  et comme c’est à crédit ce n’est pas ceux qui boivent qui trinqueront et ce ne sera pas à ceux-là d’effacer l’ardoise !

 

Mais ceux qui ne sont pas de la fête ne voient pas le bout du tunnel, pourtant la gueule de bois est déjà là.

 

Soutenus par beaucoup de politiques qui ont la nostalgie des 30 glorieuses, interrogés par les journalistes qui prennent le chaos qui les nourrit comme du pain bénit, ils découvrent que Keynes(*)  avait la solution :

Il suffirait de donner beaucoup d’argent aux consommateurs (ils proposent 200 € par mois pour commencer).

Et ces consommateurs se feraient un devoir civique de le dépenser.

Et cela engendrerait le cycle vertueux de la dépense sans compter.

Et cela relancerait la croissance tant attendue.

Ainsi, tout le monde serait heureux et, avec la croissance, finit le chômage, finit le soutien aux entreprises et tellement de retombées d’impôts que la dette de la France ne serait plus qu’une mauvaise blague.

 

Ce principe ayant merveilleusement marché hier, l’opposition demande pourquoi nos dirigeants sont trop obtus pour en voir les vertus aujourd’hui.

 

Comme tout bon journaliste qui est aussi un expert de l’économie on pourrait joindre notre voix à celle de ces politiques qui nous ont prouvé depuis 50 ans qu’ils ne connaissent rien à l’économie et demander à nos gouvernants d’enfin réagir et donner au peuple l’argent qu’il saura dépenser pour le bien de la nation.

 

Malheureusement il y a un hic.

Hier ça fonctionnait parce que l’autarcie était le principe fondateur de l’économie française, comme celle des autres pays d’ailleurs. On produisait quasiment tout en France et la douane sanctionnait les étrangers qui avaient le culot de vouloir exporter chez nous pour nous les vendre des produits mieux conçus et/ou moins chers.

Donc hier, quand on mettait un franc dans la consommation, au bas de laine près cela revenait à ajouter un franc à la production française.

Mais aujourd’hui, un euro dépensé c’est plus de la moitié qui disparait en dehors de nos frontières dans les arcanes de l’économie mondiale. Et avec cette fuite c’est aussi les rentrées fiscales de la France qui s’envolent.

 

Mais il y a quand même du vrai dans tout ce rêve keynésien.

Quand la France doit réparer les péages d’autoroute qui viennent d’être saccagés, c’est une dépense imprévue qui augmente l’activité des entreprises chargées de ces travaux. On peut donc se réjouir que l’aggravation de la dette publique qui en résulte soit quelque peu salutaire. Et tant pis si les générations futures qui supporteront le poids de cette ardoise n’étaient pas parmi les joyeux drilles qui ont détruit les péages d’autoroutes.

 

Il y a cependant un os qui risque de nous étrangler.

On donne de l’argent aux consommateurs pour le dépenser afin de provoquer cette relance salutaire. Il s’agit de beaucoup d’argent et nos gouvernants disent que pour les 100 € mensuels déjà consentis, cela se chiffre à quelques 10 milliards.

Ces menteurs croient que la ficelle n’est pas grosse donc qu’on va gober leur affirmation.

C’est certainement possible puisque aucun journaliste ne pipe mot mais la réalité c'est qu'il ne s’agit pas de 10 milliards.

Non il s’agit de 10 milliards par an ! Et pour les 200 € réclamés on arriverait à 20 milliards pour la première année.

Car il n’est pas question de rallumer dans un an la colère qui a provoqué notamment la destruction des biens publics, la destruction des commerces, le pillage, la fuite des touristes, la fin des projets d’investissements étrangers et le chaos.

C’est donc beaucoup beaucoup d’argent pour cette relance mais cet argent va relancer quoi ?

 

Cela va relancer la consommation, ça on en est sûr.

Mais cette consommation ne provoquera pas toutes les retombées keynésiennes que les économistes du dimanche nous promettent.

Pourquoi pas?

Certes le commerce français verra un boom à la hauteur de sa part de marché sans la consommation du pays.

Les Total, Leclerc et consorts peuvent s’en réjouir, tout comme Amazon. Et l’Etat recevra aussi sa part de TVA et même des impôts bien que pour les impôts sur les sociétés Amazon ne dit pas présent.

 

Mais pour la relance de la production ce n’est pas gagné !

En effet, comme les produits achetés qui seraient sensés relancer notre croissance, sont rarement fabriqués en France, le gros de l’impact des retombées positives échappera à l’économie de notre pays.

Certes on fabrique encore des automobiles en France et on y cultive et y transforme encore pas mal de produits alimentaires, mais le gros des dépenses ira ailleurs, que ce soit en Chine, au Maroc, en Espagne ou bien chez IKEA.

Alors l’effet positif sur la croissance  –emploi et impôt—  ne sera pas pour la France.

 

Mais CHUT, faut pas l’dire.

 

Alors avec la Chine et avec les joyeux drilles des péages, réjouissons-nous de cette chienlit et, en cette veille de Noël, attendons avec un  émerveillement d’enfant encore plus des jolis cadeaux que ces joyeux drilles iront déposer au pied de nos sapins.

 

 

(*) Rappel de ce que fut le keynésianisme :

C’est une doctrine politique développée au siècle dernier par un économiste anglais, John Maynard Keynes, qui estimait que la solidité d’un cycle économique reposait exclusivement sur la demande. Il notait qu’en période de crise la demande baisse et que cela provoque un ralentissement de l'économie qui nous enferme dans une spirale infernale : moins de demande donc plus de crise donc moins de demande, etc. Pour sortir de la crise il disait donc qu’il faut stimuler la demande et/ou relancer la dépense avec des grands travaux d’intérêt général.

 

Si la politique de dépense préconisée par Keynes a prouvé être adaptée dans une économie fermée, aujourd'hui on sait qu’elle a perdu ses vertus avec la mondialisation.  

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