Étape 1 : Comme François l'a fait vendredi, on commence par confirmer les prévisions de croissance fantaisistes pour la France. Ici 2% pour 2011. Alors que les économistes les plus optimistes tablent sur un maximum de 1,4%, et que les analyses de la conjoncture économique mondiale associées aux difficultés intrinsèques de la France mettent en doute ces 1,4%.
Étape 2 : On estime les recettes fiscales pour 2012 en s'appuyant sur les recettes que procure la solide croissance que l'on a ainsi estimée.
Étape 3 : On établit un budget pour 2012 qu'on dit sérieux et responsable et qui respecte déjà strictement le règle d'or prévue pour être inscrite dans la constitution avec effet en 2013. Ainsi, le gouvernement annonce un budget dans lequel il ne dépensera pas plus que les recettes établies à l'étape précédente..
Étape 4a: 2012. On exécute le budget, mais, avec une croissance réelle de quelques 1,2% (au mieux) au lieu de 2%, il faudra gérer une impasse budgétaire.
Étape 4b : Pendant les premiers mois de 2012, campagne électorale oblige, le gouvernement sortant dépense sur la base du budget scandaleusement optimiste qu'il a établi.
Étape 4c : Au second semestre, le gouvernement du président élu aura deux options : soit il abandonne l'idée de la règle d'or (qui n'est proposée que pour 2013) soit il donne un tour de vis insupportable aux dépenses pour rattrapper en quelque mois les économies promises pour une année pleine
D'ailleurs, selon la loi, le nouveau gouvernement pourra même augmenter ses dépenses jusqu'à 2% du total, soit plus de 50 milliards, sans même demander l'aval de sa majorité au parlement.
FIN 12 août 2011