Les écoutes ?
Quand le Lieutenant-Colonel Edwy Plenel --l’as du Service Central de renseignements du gouvernement de la France— découvrit que les américains espionnaient les présidents de notre république depuis perpète, il en informa immédiatement François Hollande.
D’abord ravi d’apprendre que l’intérêt de l’Amérique pour ses agissements le plaçait au même niveau qu’Angela Merkel, il dut ensuite rallier le point de vue de son entourage qui lui indiquait qu’il convenait de paraître très fâché !
Il décida donc de montrer aux yankees de quel bois il se chauffe.
Il prévoyait une colère qui aurait un retentissement mondial et qui doperait sa côte de popularité.
Mais du côté de chez Fabius on avait une analyse plus globale de la situation que je résume comme suit :
1. 1. Obama n’ayant pas obtenu du congrès américain l’autorisation d’envoyer ses GI dans les pays où il jugeait une intervention armée nécessaire, c’est sa marionnette française qu’il a chargé de cette mission en Afrique et au Moyen Orient.
2. 2. Si les résultats de ces campagnes militaires sont incontestablement au crédit de Hollande, il ne les obtient qu’avec l’appui logistique des américains et surtout grâce aux informations passées par leur réseau mondial d’espionnage. Pour pouvoir continuer et préserver l’admiration des autres pays de l’UE qui disent ne pas avoir les moyens financiers pour intervenir à nos côtés, il faut donc que Hollande sache modérer son coup de gueule.
3. 3. Dès que Hollande a été secrètement informé de ces soi-disant écoutes, Obama a réagi par communiqué pour indiquer qu’il n’écoutait pas et n’avait jamais écouté Hollande.
Néanmoins il fallait marquer le coup et Hollande a appelé hier soir le président des USA qui lui a confirmé personnellement qu’il n’avait pas lieu de s’inquiéter car il ne l’écoutait pas.
Pourquoi les USA peuvent écouter ??
Pour pouvoir écouter les dialogues qui circulent sur les ondes entre les téléphones de la planète, les américains ont mis en place un puissant réseau informatique pour capturer, stocker et analyser toutes les communications afin d’en extraire celles qui les intéressent, soit par ce qu’elles contiennent suffisamment d’indices pour mériter une analyse approfondie (ex. mots liés à des actions terroristes) ou bien parce que les téléphones initiateurs ou récepteurs et leurs utilisateurs ont été ‘’ciblés’’, c’est-à-dire identifiés pour une écouté approfondie et systématique.
Ainsi quand Obama dit qu’il ne cible pas Hollande, il faut comprendre que, si c’est vrai, les dialogues téléphoniques de Hollande qui sont automatiquement écoutés et stockés comme les autres, ne sont pas reconnus comme méritant d’être isolés pour être analysés. Mais Obama se contente de dire qu’il ne les cible pas, il ne dit pas qu’il ne les ciblera jamais car ils restent disponibles dans les bases de la NSA.
D’ailleurs Obama a bien précisé qu’il continuera à ne pas les cibler tant que les USA estime que cela ne met pas en danger la sécurité de ce pays. Et, bien sûr, ce qu’il entend par ‘’danger’’ est arbitraire et il n’a pas promis de nous alerter lorsque ces conditions de danger étant décidées, il recommencera à écouter plus activement.
Pour se protéger de ces écoutes, Hollande pourrait se doter d’un téléphone doté d’un système de protection des données (voix et data). Des systèmes inviolables existent qui chiffrent les transmissions avec des clés tellement complexes et longues que même les ordinateurs de la NSA qui voient passer ces transmissions, se cassent les dents dessus.
Oui, mais ces transmissions codées ne sont protégées efficacement que si la clé utilisée pour les traduire en clair n’est pas elle aussi transmise par un moyen que la NSA pourrait écouter.
Donc pour utiliser ce système il faut 2 conditions qui en limitent nettement l’usage :
1. 1. Il faut que les clés soient distribuées préalablement aux participants (émetteurs et récepteurs de conversations protégées) par un moyen inaccessible à la NSA donc inviolable.
2. 2. Il faut aussi que chaque participant soit doté d’un téléphone compatible avec cette haute technologie de chiffrement et que la clé de chiffrement y soit insérée.
Les coups de fils passés pu reçu d’un interlocuteur en dehors de cette clique de participants, ne sont donc pas protégés.
A quoi servent les écoutes ???
Bien sûr on entend parler d’espionnage économique. On a même appris que l’Allemagne aidait les USA afin qu’ils espionnent la compagnie germano-française AIRBUS au profit de BOEING.
Mais la principale raison c’est la récolte d’information permettant de prévenir, combattre ou sanctionner le terrorisme.
Ainsi, c’est cette capacité qui a finalement permis aux USA d’identifier BEN LADEN dans son sanctuaire pakistanais et de le dégommer.
Aujourd’hui, un nombre important de terroristes réels ou potentiels fait l’objet d’un suivi par les américains et les informations récoltées ont permis aux américains et à leur alliés de déjouer les actes terroristes qu’ils projetaient.
Mais pourquoi seulement décaniller quelques terroristes ????
Je ne cesse de m’interroger sur la politique américaine contre Daesch et leurs satisfecits chaque fois qu’ils annoncent qu’ils ont dégommé un des leaders de cette organisation terroriste.
En effet, nous lisons tous les jours dans la presse que Daesch se bat pour établir son contrôle sur les régions avec champs de pétrole et raffineries qu’ils annexent. Nous apprenons aussi que Daesch se finance et achète des armes grâce à la vente de ce pétrole qui trouve des acheteurs sur les marchés mondiaux.
Alors il me semble bien dérisoire de décaniller quelques chefs terroristes qu’on a un mal fou à identifier car ils sont très mobiles, alors que leurs installations pétrolières sont fixes et bien identifiées et qu’il suffirait de réorienter les frappes aériennes des drones pour neutraliser ces outils de productions de pétrole et priver facilement et définitivement les terroristes de leur financement.
Même si les acheteurs complaisants permettaient aux terroristes de trouver les moyens de rouvrir ces raffineries ou ces oléoducs, il serait facile de les neutraliser de nouveau et immédiatement.
On peut même imaginer qu’une telle politique poursuivie systématiquement serait un frein à la politique expansionniste de Daesch orientée vers les puits de pétroles des pays les plus faibles.