On nous manipule et on nous ment pour avoir les coudées franches. Exemples.
La dette grecque coûte cher au contribuable français.
Un économiste m’a dit dans le poste que la Grèce cela ne coûtait que 750 € pour chaque européen.
Je ne lui reproche pas d’avoir inclus les grecs dans son équation même si cela ne leur coûte rien et leur rapporte gros mais je conteste l’information véhiculée par ce message de 750 € car tous les pays européens ne sont pas égaux dans cette équation.
En effet, pour la population française (66 millions d’habitants) il s’agirait de 50 milliards d’euros mais comme on le verra plus loin c’est sans compter ce qu’on nous cache !
Alors restons pour l’instant sur ce chiffre.
Ces 50 milliards seront supportés d’une manière ou d’une autre par les ménages français et l’INSEE évalue à environ 37 millions le nombre de foyers fiscaux.
Mais comme tous les français ne sont pas égaux devant l’impôt, les 50 milliards sont donc répartis entre les 48,5% des foyers fiscaux qui sont imposables soit 18 millions d’entre nous.
En moyenne, la part de soi-disant 50 milliards pour la France coûte donc 2 750 € par foyer français payant l’impôt.
En fonction de la tranche d’imposition de chacun le coût est réparti comme suit :
Tranche à 14% 1 136 € par foyer soit pour 14 millions de foyers 16 milliards
Tranche à 30% 8 522 € par foyer soit pour 4 millions de foyers 34 milliards
(les 405 000 foyers fiscaux imposés à plus de 30% ont un poids négligeable,
qui n’affecte pas de manière significative les résultats ci-dessus)
SI votre ménage, comme c'est assez fréquemment le cas, fait deux déclarations fiscales, il faut additionner les lignes correspondantes pour connaître votre contribution personnelle.
Et là ELA est là pour en rajouter une couche.
La Grèce dépense sans compter l’argent des contribuables européens --français notamment— mais qui pourrait la blâmer ? Moi aussi je dépenserais sans compter si j’avais gagné le gros lot à l’Euromillions (sauf qu’ici il s’agit d’euro milliards !).
Mais une fois cet incroyable compte de fait, il manque encore beaucoup d’argent au gouvernement grec pour assurer ses fins de mois depuis que Syriza est aux manettes.
Qu’à cela ne tienne ELA est là !
De quoi s’agit-il ?
La Grèce étant asphyxiée financièrement elle ne peut pas faire face à ses dépenses courantes, notamment au paiement chaque mois de ses fonctionnaires et de ses retraités. Alors elle émet des obligations garanties par l’État grec qu’on appelle JUNK BONDS (dans le langage de la finance ce vocable ‘’d’obligations pourries’’ est réservé aux titres dont la probabilité de remboursement est quasi nulle mais que les gogos appâtés par les intérêts mirobolants promis peuvent toujours souscrire).
Aujourd’hui il n’y a plus beaucoup de preneurs pour ces junk bonds et même les pays de la zone euros ont décidés qu’il fallait que la Grèce se réforme avant qu’ils ne reprennent leur rôle de principal gogo. L’IMPASSE !
Pas tout à fait, car il reste les banques grecques qui souscrivent allègrement à toutes les émissions de l’État grec. Ceci en dépit de règles prudentielles très strictes (règles dites de Bâle) qui interdisent aux banques commerciales de se mettre en péril en prêtant des montants inconsidérés ou à n’importe qui. Il est de la responsabilité de la BCE de veiller au strict respect de ces règles et on pourrait s’étonner qu’elle soit très pointilleuse sur ce point sauf quand il s’agit des banques grecques. Mais on ne s’étonne que si on ne connait pas le reste de cette saga bancaire.
La suite est logique, l’État grec renfloué paie ses fonctionnaires, les retraités et règle ses autres dépenses courantes. Chaque bénéficiaire voit ainsi son compte crédité dans sa banques grecque.
Oui, mais les banques en question ont bien des bouts de papier sans valeur (les junk bonds) mais pas de cash pour répondre aux retraits et autres dépenses légitimes de ces bénéficiaires.
Alors où trouver l’argent nécessaire, notamment le liquide pour alimenter les distributeurs de billets ?
Heureusement il y a la BCE !
Pour pallier aux problèmes temporaires de liquidité que peuvent rencontrer les banques de la zone euro, la BCE a trouvé la solution. Elle a mis en place son ELA (EMERGENCY LIQUIDITY ASSISTANCE) qui est une aide d’urgence au manque de liquidité temporaire que peut rencontrer une banque de la zone.
Mais la BCE insiste, il ne s’agit pas d’un prêt à risque, c’est seulement une aide temporaire assortie de garanties qui éliminent tout risque de défaut. Comment ? Grâce au collatéral que la BCE exige pour couvrir chaque prêt.
Ainsi, jusqu’ici, les banques grecques ont obtenu tout le cash dont elles avaient besoin en fourguant à la BCE les junk bonds de l’État.
Qui suit les conférences de presse du patron de la BCE l’a entendu dire et répéter que la BCE ne faisait aucune faveur aux banques grecques et que leur collatéral était du bon pain s’il en est !
Il dit aussi que son seul mandat c’est de veiller à ce que l’inflation atteigne presque 2% sans les dépasser et qu’il ne subit aucune pression des instances politiques de la zone euro.
Alors comment se fait-il qu’il n’a pas été viré pour avoir engagé 130 milliards de l’argent des contribuables européens sans garanties à moitié sérieuses ????
Car il s’agit bien d’une course effrénée en avant vers le précipice creusé par les politiques qui ne prêtent plus depuis que Syriza est au pouvoir. Ils ne prêtent plus mais nous, les contribuables, nous avons continué, par ce biais, de prêter tout ce que la Grèce voulait.
Avant Syriza, la BCE prêtait déjà 60 milliards à fonds perdus. Depuis, ses avances d’urgence temporaires, soi-disant d’une ou deux semaines, s’élèvent à 130 milliards qui ne seront jamais remboursés et qui augmenteront certainement si la Grèce décide de rester à la charge de la zone euro.
On nous dit que la Grèce avait encore un excédent primaire de 3 milliards d’euros l’an dernier (c’est dire que ses recettes fiscales auraient été supérieures de ce montant à ses dépenses courantes s’il n’y avait pas eu le poids de la dette) mais que la dette pèse pour quelques 35 milliards sur l’économie.
D’accord, alors pourquoi dit-on qu’on peut lui prêter plus alors que sans langue de bois on devrait nous dire
que le contribuable doit donner plus parce qu’il est important de continuer.
06 juillet 2015