D’abord la Belgique !
Les déclarations de Depardieu et de Ayrault sur ce sujet semblent s’inspirer de l’exemple du Paris-Dakar où le point de départ et la conclusion n’ont rien à voir avec ce qui est suggéré.
En effet, on peut penser que Depardieu qui dit avoir toujours réglé sans broncher ses impôts pour un total de 145 millions d’euros, n’est pas foncièrement égoïste et allergique à l’impôt. On peut aussi s’étonner qu’une imposition supplémentaire exceptionnelle annoncée pour seulement deux ans, soit la véritable cause de sa crispation. Elle aurait certes augmenté sa contribution mais dans une proportion qui expliquerait difficilement sa réaction.
Il faut donc chercher ailleurs la véritable motivation de son exil fiscal pour la Belgique.
Vu l’âge et l’état de santé apparent de Depardieu on peut facilement imaginer qu’il envisage, à plus ou moins brève échéance, son décès et les conséquences fiscales pour la transmission de son patrimoine qui est évalué aujourd’hui à quelques 100 millions.
Dans ce contexte, s’il est fiscalisé en France, ses héritiers devront acquitter les droits de succession qui s’élèvent à 45%, ce qui représente 45 millions d’euros aujourd’hui.
Cette taxe de 45 millions qui pourrait augmenter vu que Depardieu continue de créer de la richesse avec ses investissements et son travail, paraissent un enjeu bien plus crédible que le différentiel d’impôts annoncé pour 2 ans.
On peut donc raisonnablement penser qu’il préfère léguer ces 45 millions à ses enfants plutôt qu’au fisc.
Cependant cette évasion fiscale parfaitement légale (quoi qu’en disent ceux qui fabriquent les lois de notre pays) pose cependant problème à Depardieu. En effet, il semble évident qu’il ne souhaite pas s’enterrer en Belgique et qu’il compte bien continuer son cinéma et poursuivre ses autres activités entrepreneuriales. Ceci l’obligerait donc à passer beaucoup de temps en France, où il conserve famille et amis, et où le style de vie semble lui convenir parfaitement.
Alors, même si les commentateurs lui souhaitent bien du plaisir en Belgique, comme les autres artistes et les sportifs de haut revenus, il vivra toujours en France tout en résidant fiscalement en Belgique.
Alors pourquoi ne pas en rester là et laisser les chiens aboyer jusqu’à ce que la polémique passe et qu’ils trouvent un meilleur os à ronger ?
Ensuite la nationalité Russe !
Contrairement aux gouvernements précédents qui n’ont pas réagi quand les riches chanteurs et acteurs socialistes ont décidé d’échapper au fisc français, Ayrault a réagi maladroitement devant cette évasion fiscale, peut être parce que Depardieu disait qu’il n’était pas socialiste et peut-être parce qu'il avait soutenu Sarkozy (avant de devenir communiste ?).
Toujours est-il que maintenant, tout ce qui a été dit aggraverait l’impopularité de ce gouvernement s’il s’empressait de tourner la page.
‘’On’’ a donc prévenu Depardieu qu’il doit s’attendre au retour de bâton et si, dans une année à venir, il passait six mois plus un jour en France, le fisc serait en droit de nier son évasion fiscale et d’exiger de lui tous les arriérés d’impôts, plus intérêts de retard, plus 10% de pénalité, plus ISF, ce qui pourrait porter le total bien au-delà de 100%. Ses héritiers devraient aussi payer les droits de succession (de 45% si notre gouvernement décide de ne pas les augmenter).
Etre russe permet à Depardieu non seulement de s’exiler fiscalement de l’Union Européenne mais aussi d’obtenir la perte de sa nationalité française. En effet, la loi française stipule que : toute personne majeure, résidant habituellement à l’étranger, qui acquiert volontairement une nationalité étrangère peut, sous certaines conditions, perdre la nationalité française par déclaration expresse.
En conséquence,
Il pourra donc déclarer expressément qu’il souhaite perdre la nationalité française.
Ensuite, comme tous les millionnaires russes de la Côte d’Azur, il pourra séjourner en France toute l’année, sans restrictions et totalement à l’abri du fisc français.
Certes, il devra payer des impôts en Russie (13% ?) ainsi que impôts que tout étranger doit payer sur ses revenus en France (hors dividendes rapatriés), sans ISF et sans droits de succession !
Il vivra donc en France et notre gouvernement pourra continuer de proclamer que la France est un pays de cocagne puisque le nombre de millionnaires y est très élevé ! Comme à leur habitude, ils oublieront de souligner que le nombre restreint de millionnaires imposables en France continue de baisser.
Cette analyse n’est-elle pas plus crédible que les anathèmes de Cohn-Bendit et les niaiseries des commentateurs officiels ?