Le déclin dans la justice
Pour bien comprendre comment Hollande, qui a d’abord tout fait pour dissuader les investisseurs car la finance est son ennemi, fait maintenant son aggiornamento sur la compétitivité des entreprises, regardons comment il espère créer de l’emploi en confisquant la richesse créée par les entreprises françaises.
Notons d’abord que les résultats des entreprises sont calculés après plusieurs impôts dont elles doivent s’acquitter : taxe sur les salaires, 1% formation, charges sociales, TVA sur les produits non revendus, etc.
Pour évaluer le mécanisme du partage voyons comment est distribué un résultat brut global de 10 000 € :
Ce résultat montre ce qui reste à l’entreprise, mais l’état, lui, ne se limite pas à ce partage et il va obtenir un complément d’impôts du bénéficiaire du dividende, dividende qui, bien sûr, avait déjà été soumis à l’impôt ci-dessus.

Voici le décompte de ce nouvel impôt pour un particulier dont le taux d’imposition marginal est de 33% (on suppose que ce sont les revenus les plus hauts qui participent au financement des entreprises).
Lorsqu’on combine ces deux ponctions de l’état, on constate que l’état prend 50,3%, l’investisseur reçoit 15,2% et il reste 34,5% à l’entreprise.
Si le particulier est dans la tranche d’impôts supérieure, soit 41%, la part de l’état passe à 51,4% et celle de l’investisseur à 14,1%.
Ces chiffres permettent de mieux comprendre que l’état a besoin d’étrangler les entreprises pour obtenir les ressources nécessaires face à un chômage qui ne cesse de croître. Bien sûr, les cassandres diront que c’est cette politique qui est la première cause du chômage mais laissons les chiens aboyer.
Ces juges que Lagarde a vus
La gauche semble ravie de voir que la Justice épingle Lagarde pour la procédure retenue dans le différent qui opposait la France à un ministre de Mitterrand.
Après DSK, le FMI serait donc le ring qui remet la droite et la gauche ex-æquo.
Doit-on se réjouir avec la gauche ou bien doit-on craindre que c'est la France qui sera KO ? Car s’il ne nous pourrit pas encore, notre ridicule est déjà mûr dès qu’on
donne notre pays en pâture aux sarcasmes du este du monde ?
Mea culpa !
L’affaire Cahuzac revenant sur le devant de la scène, je dois moi aussi en reparler à la lumière des commentaires que j’ai reçus.
Dans mon témoignage précédent (http://avadian-blogistan.eklablog.fr/le-silence-des-agneaux-c-est-fini-a81463472), j’avais seulement noté la naïveté de Hollande et de Ayrault qui avouaient que face aux accusations graves et documentées de Médiapart, la parole de Cahuzac leur suffisait.
Et je n’avais pas épilogué sur l’incompétence de Moscovici qui disposait pourtant des ressources de l’État mais qui reconnaissait avoir diligenté une enquête qui a fait chou blanc.
Plusieurs commentaires reçus ont décrit une vision moins complaisante que je retranscris ici :
1.
Les politiques précités ne sont ni naïfs ni incompétents ! Même s’ils ignoraient initialement le détail des fraudes de Cahuzac, ils en ont rapidement connu l’ampleur et en ont évalué les conséquences possibles.
Il y avait le feu à Bercy et il fallait donc de toute urgence l’étouffer. La première réaction de Cahuzac a donc été de dire qu’il n’y avait pas le feu et Hollande et son équipe ont applaudi.
2.
Comme le feu semblait se propager et qu’il pourrait atteindre Matignon et peut-être même l’Elysée, une procédure de cantonnement a été mise en place : on a exigé que Cahuzac avoue une erreur de jeunesse dont l’importance a été minimisée. Et Hollande et son équipe ont été abasourdis quand ils ont appris que Cahuzac avait menti, mais comment pouvaient-ils l’avoir su ? Eut-il été raisonnable de prendre au sérieux les déclarations d’un journal ? Surtout que l’enquête officielle de Moscovici avait bien confirmé que Bercy n’était au courant de rien ! Certes 2 banquiers suisses avaient soulignés que cette fraude exigeait un montage qu’on ne mettait jamais en place pour une somme aussi ridicule que 600 mille euros. Eut-il été raisonnable de prendre au sérieux les déclarations de banquiers de surcroit étrangers ?
La France a su rester sereine devant ces allégations de journalistes et ces affirmations de banquiers.
3.
Malgré leurs efforts, les pompiers amateurs ont craint que l’incendie reste mal maîtrisé et qu’il enflamme l’opinion publique. Dans ce cas, le risque était grand et, comme on ne pouvait pas déplacer l’incendie, il fallait déplacer le peuple pour l’amener sur un terrain mieux contrôlé.
On a donc instillé à la population des notions nouvelles sur la nature du désastre et sur les méthodes de prévention mises en place pour qu’à l’avenir on évite un nouveau scandale.
Première mesure importante, on demande aux autres ministres de dire qu’ils sont tous honnêtes et ils doivent décrire leur patrimoine pour le prouver.
Là, je reviens sur mon impression initiale et je confirme : si la déclaration d’un fraudeur suffisait à établir son honnêteté alors Hollande qui n’aurait tiré aucune leçon de l’affaire Cahuzac serait vraiment naïf. Il faut donc reconnaître que cette manœuvre a détourné l’attention des gogos et que Hollande est fin politique.
Par ailleurs, grâce a cette initiative de Hollande, on a pu apprendre que Moscovici est à la tête d’un patrimoine extrêmement modeste. Comme il a perçu pendant plus de 30 ans une solde de parlementaire, elle même assortie d’énormes indemnités et autres allocations non taxables, on peut se demander où les millions d’euros ainsi perçus ont effectivement atterris ! Un économiste en a conclu dans C DANS L’AIR que nous somme gouvernés par une cigale.
Deuxième mesure, on a tenté de placer cet incendie dans un contexte familier et rassurant : Cahuzac a été le seul socialiste malhonnête mais il n’est plus socialiste alors qu’avant il y avait aux manettes de la France plusieurs dirigeants douteux (Balladur, Sarkozy, Lagarde pour lesquels il ne s'agit cependant pas d'enrichissement personnel) qui sont inquiétés par la Justice et qui sont toujours UMP. Français réjouissez-vous de ce progrès socialiste !
Décodage général :
On ne se demande plus pourquoi on n’a pas provoqué dès le départ une explosion qui aurait soufflé Cahuzac et son incendie hors de la planète politique. On a maintenant compris que la démarche suivie par nos gouvernants révèle peut-être une gangrène bien plus généralisée qu’ils chercheraient bien maladroitement à nous cacher. Ils ont peut-être réussi, surtout si leur souci était de ne pas trop fâcher Cahuzac –qui a été le ministre qui savait tout sur la fraude fiscale-- afin de ne pas ouvrir une boite de Pandore d’où sortiraient des révélations bien plus inquiétantes qui pourraient éclabousser beaucoup de politiques de tous bords y compris les politiques irréprochables de la majorité actuelle. Car si pour minimiser sa faute Cahuzac avait dénoncé Pierre, Paul ou Jacques qui peut dire qui ce dernier aurait à son tour dénoncé et ainsi de suite ?
Fraudeurs sévèrement punis !
Notre gouvernement l’a dit, la France sera intransigeante avec les fraudeurs fiscaux.
Cependant, ceux qui voudront bien rapatrier le patrimoine qu’ils ont planqué à l’étranger ne seront pas punis. Seulement et ce n’est que justice, ils devront comme tout un chacun s’acquitter de l’impôt qui leur aurait incombé eussent-ils choisi de ne pas frauder.
Vu le nombre considérable d’années durant lesquelles j’ai été imposé et pas eux, j’applaudis cette nouvelle preuve de la justice sociale socialiste.
Par contre ce qui me chagrine un peu dans la langue de bois des politiques au pouvoir c’est qu’ils ne m’ont pas dit que cette justice qui leur est si chère est assortie d’une rétroactivité limitée à 3 ans. Ceci signifie simplement que si vous avez réussi à échapper à l’impôt pendant 20 ans, vous pouvez rapatrier/blanchir vos avoirs en payant le supplément d’impôt qui aurait été dû pendant les 3 dernières années. Suite à une plainte du fisc, le tribunal aurait pu étendre à 5 ans cette rétroactivité mais Ayrault a déjà promis qu’il n’y aurait pas de poursuites pour les repentis.