Pourquoi les américains n'ont-ils pas un sérieux système de santé publique ?
Sarkozy s'est moqué d'eux à New York lorsqu'il a dit aux étudiants de Columbia
"L'idée que les plus pauvres d'entre vous ne soient pas laissés dans la rue, seuls, sans un centime face à la maladie, excusez moi, nous ça fait 50 ans qu'on a résolu le problème"
Les américains seraient dont des égoïstes rétrogrades. Non, et Sarkozy n'a pas raison !
En effet, les américains qui sont de loin les premiers en matière de dons aux œuvres caritatives, ne peuvent pas, a priori, être taxés d'égoïsme.
(En 2010, les particuliers ont donné 149 milliards d'euros contre 3,3 milliards par les français soit presque 9 fois plus par habitant).
Alors comment expliquer leur attitude face aux projets de système de santé qu'ils n'arrivent pas à accepter ?
Aujourd'hui la situation des 50 États n'est pas homogène et leurs systèmes de santé ne sont pas identiques, mais dans l'ensemble ont y retrouve des caractéristiques communes que l'on peut résumer comme suit :
- Les salariés (entreprises et fonctionnaires) et leurs familles --soit environ 65-70% de la population-- sont couverts par des systèmes de santé qu'on peut qualifier de corrects (ils n'obtiendront rien de plus avec la réforme Obama)
- Les indépendants : commerçants, professions libérales, artistes, rentiers, etc. --soit presque 15% du total-- ne bénéficient d'aucune protection automatique mais peuvent souscrire à des assurances privées.
Bien qu'ils en étaient financièrement capables, la plupart ne l'ont pas fait. L'explosion des coûts de santé américains ne facilite pas une entrée tardive dans un système. - Les exclus : foyers sans salariés, chômeurs isolés en fin de droits, immigrants illégaux, divers ôtres, --soit un peu moins de 20% du total-- ne sont pas couverts mais ont accès aux services de santé gratuits des «free clinics».
La réforme de santé prévoit un nivellement par le haut, accordant aux deux autres populations des prestations équivalentes à celles des salariés. Une telle réforme est très coûteuse (coût de mise en place initial estimé à plus de 30 milliards de dollars !) car une part importante des indépendants non couverts est une population vieillissante avec un pronostic de santé mitigé.
Les exclus ne peuvent pas contribuer financièrement c'est donc les deux ôtres groupes qui, par l'impôt, devront payer cette réforme. Les salariés représentant 80% des imposables. La majorité des surcoûts induits seraient donc absorbée par ceux qui ne bénéficient pas de cette réforme --les salariés qui ont cotisé toute leur vie pour leur système de santé. Ils sont hostiles à l'idée de payer plus maintenant pour couvrir ceux qui ont été exclus par choix, c'est-à-dire les indépendants.
Aux USA, la question n'est pas réglée et un basculement de majorité au Congrès pourrait tout remettre en cause.
Sarkozy dit que nous avons réglé ce problème il y a 50 ans. Est-ce bien vrai ?
Supposons un instant que, comme le gouvernement fédéral des USA qui veut doter les 50 États d'un système de santé unique, notre Commission Européenne lance l'idée de normaliser la couverture santé pour les 27 États de l'Union.
Les français qui ont financés seuls leur propre système de santé, seraient-ils alors disposés à accepter une sérieuse aggravation des coûts afin que les populations des pays membres qui ne bénéficient pas de notre couverture puissent ôssi y avoir accès ?
Peut-être que certains ne seraient pas d'accord.
Apparemment, Sarkozy ignore que, comme la Californie et New-York, la France n'est plus un état indépendant et il a tort quand il dit que nous avons rationalisé tous les systèmes de santé de l'Union.
Il y a 50 ans l'Union n'existait même pas !